La presse guinéenne est en deuil. Le journaliste et homme de médias Souleymane Diallo, figure emblématique de la presse indépendante en Guinée et fondateur du groupe de presse Le Lynx-La Lance, est décédé ce lundi 1er juin 2026 au Canada, à l’âge de 81 ans.
Né en 1945, le doyen Souleymane Diallo aura marqué de son empreinte l’histoire du journalisme guinéen. Directeur-fondateur du groupe de presse Le Lynx-La Lance, il était reconnu pour son engagement sans faille en faveur de la liberté de la presse et de la liberté d’expression.
Marié à Hadja Fatoumata Bah, il laisse derrière lui une famille éplorée ainsi qu’une profession profondément attristée par la disparition de l’un de ses plus illustres représentants.
Le parcours de Souleymane Diallo est intimement lié à l’histoire politique et médiatique de la Guinée. Contraint à l’exil sous le régime de Sékou Touré, il trouve refuge en Côte d’Ivoire où il intègre le quotidien d’État Fraternité Matin. Il y exerce son métier jusqu’en 1990 avant de regagner son pays natal au début du processus démocratique.
En 1992, il fonde Le Lynx, un hebdomadaire satirique inspiré du célèbre journal français Le Canard Enchaîné. Le journal devient rapidement une référence dans le paysage médiatique guinéen grâce à son ton incisif et son indépendance éditoriale.
Son engagement lui vaudra plusieurs démêlés avec les autorités. En 1995, il est emprisonné à la suite de la publication d’un article portant sur l’élection de Miss Guinée CEDEAO. L’année suivante, il est de nouveau incarcéré après la parution d’un article évoquant l’augmentation des soldes des militaires dans le contexte de la mutinerie des 2 et 3 février 1996.
Toujours animé par la volonté d’informer, il lance en 1996 le journal d’information générale La Lance, puis crée en 2012 la station Lynx FM, qui s’impose progressivement comme l’une des radios les plus écoutées du pays.
Au-delà de ses entreprises de presse, Souleymane Diallo a activement collaboré avec plusieurs organisations professionnelles, notamment l’Association guinéenne des éditeurs de la presse indépendante, Reporters sans frontières et le Forum de la presse africaine, contribuant ainsi à la promotion d’une presse libre et responsable sur le continent.
En reconnaissance de son immense contribution à la nation et au journalisme, il est élevé en 2022 au rang de Grand Officier de l’Ordre national du Kolatier. La même année, une journée d’hommages anthumes lui est consacrée le 29 octobre.
L’annonce de son décès a suscité une vive émotion à travers la Guinée. Journalistes, responsables politiques, acteurs de la société civile et simples citoyens saluent unanimement la mémoire d’un homme de conviction, d’un défenseur acharné de la liberté d’expression et d’un monument de la presse indépendante guinéenne.
Avec la disparition de Souleymane Diallo, la Guinée perd l’un de ses plus grands journalistes et l’une des voix les plus respectées de son paysage médiatique.
Kadiatou Baldé pour lumiere224.com
















