Une semaine après l’interdiction des sacs et emballages plastiques à usage unique en Guinée, revendeurs d’aliments et consommateurs disent « tirer le diable par la queue ». Rencontrés dans les quartiers Kiroty et Petit Simbaya, dans la commune de Lambanyi, ces habitants évoquent d’importantes difficultés depuis l’entrée en vigueur de la mesure gouvernementale.
Au marché Kiroty, une vendeuse de tô explique les contraintes auxquelles elle fait face au quotidien.

« Nous, c’est de la nourriture que nous vendons ici. Notre emplacement a été déguerpi, et si on nous interdit aussi d’utiliser les sacs plastiques, cela nous fatigue énormément. Parce que la majeure partie de nos clients viennent acheter et emporter en quittant leur lieu de travail. Même si nous sortons pour chercher des plastiques, nous n’en trouvons pas, et nous pouvons rester avec notre marchandise ici jusqu’à 19 h. Et nous n’avons pas d’autre source de revenu. Il y a la rentrée scolaire qui approche, et tous les autres besoins. Certains viennent nous demander si nous n’avons pas de sacs, achètent pour 40 000, 50 000 francs, et s’ils partent sans acheter, est-ce que ce serait bon pour nous ? », s’interroge-t-elle.
À Petit Simbaya, un gérant de cafétéria, identifié sous le nom de Bhoye, dit faire face à de sérieux problèmes d’approvisionnement en eau potable.

« En fait, nous avons de sérieux problèmes d’approvisionnement en eau minérale. Tous les fournisseurs qui venaient nous ravitailler ne viennent plus maintenant. Je demande aux nouvelles autorités de revoir réellement la situation du bas peuple. Tout le monde ne peut pas s’offrir une bouteille de 50 centilitres à 3 000 francs guinéens. C’est extrêmement cher. Et on dit souvent que l’eau, c’est la vie ; donc, ne pas trouver l’eau en abondance, ça pourra créer des difficultés sanitaires pour les gens. Ils n’ont qu’à voir comment diminuer le prix afin que la population puisse avoir sa part », lance-t-il.
La vendeuse de tô, de son côté, conclut en plaidant auprès des autorités pour une solution adaptée à cette situation.
« Vraiment, ils n’ont qu’à nous trouver une solution, parce que nous souffrons énormément. Certains n’acceptent pas de boire l’eau de pompe ou de forage, et le prix des bidons est cher. Donc, nous les prions de revoir la situation », plaide-t-elle.
Un consommateur, s’exprimant hors micro, a laissé entendre que la situation est « un peu compliquée » actuellement, « vu que ce n’est pas tout le monde qui dispose des moyens pour s’acheter un bidon d’eau à 3 000 francs guinéens ».
Mamadou Baïlo Bah pour lumiere224.com
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