Le gouvernement guinéen a accordé, mercredi soir, un moratoire aux sociétés productrices d’eau en sachet, à l’issue d’une annonce diffusée à la télévision nationale.
Ce jeudi 8 octobre 2026, notre rédaction a recueilli les réactions de plusieurs citoyens à Conakry. Dans l’ensemble, ils saluent une décision qu’ils estiment nécessaire, tout en appelant les autorités et la population à renforcer les mesures de salubrité publique.
Rencontré à Kaloum, Morikané Soumah se réjouit de cette décision gouvernementale.
« C’est une bonne décision pour la population. Nous avons souffert pour nous approvisionner en eau, surtout en eau en sachet. Ces derniers jours, lorsque nous achetions à manger, nous étions obligés de boire de l’eau de pompe. Maintenant que les autorités sont revenues sur leur décision, elles doivent aussi veiller à la question de l’insalubrité. Sinon, en une semaine seulement, la ville risque de redevenir sale. Nous sommes vraiment très contents de cette décision du gouvernement », a-t-il déclaré.
Même sentiment chez Mamadi Touré, également rencontré à Kaloum. Selon lui, les sachets d’eau restent indispensables pour une partie importante de la population.
« Je pense que c’est une bonne décision, car le gouvernement a pensé aux difficultés de la population. Tout le monde a constaté que la situation était devenue compliquée. Les sachets d’eau étaient nécessaires et le sont toujours. Depuis l’interdiction, le prix des bidons d’eau a augmenté, et ce n’est pas bon pour nous. Par exemple, je peux boire trois sachets d’eau dans la journée. Si j’achète un bidon, cela ne peut pas me suffire, et c’est encore cher. Un “sipa” d’eau de Coyah, qui coûtait 7 000 francs guinéens, se vend actuellement à 10 000 francs guinéens. Imaginez les dépenses sur un mois », a-t-il expliqué.
De son côté, Mariame Sow affirme avoir dû chercher de l’eau ailleurs afin de permettre à ses enfants de s’hydrater.
« La décision prise par le gouvernement hier nous a beaucoup soulagés. Nous avons des enfants qui vont à l’école, mais il n’y avait pas d’eau. Lorsqu’on puisait de l’eau au robinet, ils refusaient de la boire. Hier, j’ai essayé, mais ils n’ont pas accepté. Je suis donc allée chez une voisine chercher un “sipa” d’eau, et c’est ce qu’ils ont bu jusqu’au soir. Nous sommes vraiment contents. Durant les six mois de moratoire, cela nous permettra de nous préparer, inch’Allah », a-t-elle confié.
Gérant d’un café à Tombo, Camara Alseny a également apprécié la mesure. Il invite toutefois les citoyens à faire preuve de civisme afin de préserver la propreté.
Selon lui, après avoir consommé de l’eau en sachet, chacun doit veiller à jeter les emballages dans une poubelle, plutôt que de les abandonner dans les rues. Il estime que cette responsabilité collective est essentielle pour éviter que Conakry ne soit davantage confrontée à l’insalubrité.
Mamadou Baïlo Bah pour lumiere224.com
(+224) 622 677 862
















