Quarante-huit heures après l’éboulement meurtrier survenu à la décharge de Dar-Es-Salam, le gouvernement a procédé, ce lundi, au déguerpissement des occupants du site de Radar. Parmi les personnes affectées par cette opération figure Aïssatou Barry, une sexagénaire qui vivait sur les lieux et affirme avoir tout perdu. Elle se retrouve désormais sans abri.
Cela faisait trois ans qu’Aïssatou Barry vivait sur ce site. Elle assure n’avoir jamais su que cet espace appartenait au domaine de l’État et dit avoir été surprise par l’opération de déguerpissement.

« Cela fait trois ans que je vis ici. Je ne savais pas que cet endroit était un domaine de l’État, sinon je ne serais jamais venue m’y installer. Aujourd’hui, ils sont venus nous déguerpir sans nous prévenir et j’ai tout perdu. J’étais ici pour me débrouiller et pouvoir nourrir ma famille. Je suis avec quatre filles qui n’ont pas de père. Je n’ai ni père ni mère et je n’ai qu’une seule fille biologique », précise-t-elle.
Selon elle, cet espace lui permettait de subvenir aux besoins de sa famille. Le déguerpissement l’aurait ainsi laissée sans ressources ni solution immédiate de relogement.
« Je n’ai pratiquement aucun moyen de subsistance. Mon seul bien, c’était un réfrigérateur que j’ai pu confier à quelqu’un avant le déguerpissement. Je n’ai aucun parent ni proche vivant à l’extérieur sur qui compter. Aujourd’hui, je me retrouve sans abri. Je demande donc le soutien des personnes de bonne volonté, car toute aide pourrait me permettre de me relever et de continuer à prendre soin de ma famille », lance-t-elle.
Il faut rappeler qu’en 2017, un premier drame était survenu sur ce site, faisant neuf morts.
Cette situation relance le débat sur l’occupation des zones à risque : faut-il laisser les citoyens continuer à y vivre, au risque de nouvelles tragédies, ou procéder à leur déguerpissement afin de préserver des vies, malgré la perte de leur abri ?
La Direction de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme (DATU) semble avoir opté pour la seconde solution : déguerpir pour sauver des vies.
Kadiatou Baldé pour lumiere224.com
628 76 45 15















