Le Centre de formation Saran Couture a procédé, ce dimanche 4 octobre 2026, à la remise de diplômes d’artisan professionnel à ses apprenantes.
Placée sous le thème « L’autonomisation des femmes à l’horizon Simandou 2040 », la cérémonie s’est déroulée dans une université privée de la place, en présence de plusieurs invités.
Selon Saran Condé, directrice générale du centre, cette cérémonie constitue une étape importante pour l’établissement.
« Cette cérémonie représente une étape importante pour notre centre, mais elle appartient d’abord aux apprenantes qui achèvent aujourd’hui leur parcours de formation en couture et stylisme.
La formation professionnelle n’est pas un chemin facile. Elle exige de la régularité, de la discipline, de la pratique et, surtout, de la persévérance. Je le dis avec sincérité : le parcours de cette promotion n’a pas été exempt de difficultés », a-t-elle précisé.
De son côté, Soumaoro Benjamin, coordinateur général du centre, a rappelé les circonstances de la création de Saran Couture.

« Saran Couture est l’œuvre d’une mère qui voulait réellement contribuer au bien-être de la Guinée. Malheureusement, elle n’est plus parmi nous aujourd’hui. Cette dame a créé Saran Couture en 1993.
Par la suite, j’ai eu l’occasion de rencontrer la directrice, qui m’a fait confiance et m’a permis d’accompagner le centre à partir du mois de juin 2025. Nous nous sommes engagés ensemble pendant une année et, aujourd’hui, nous en voyons les résultats.
Lorsque nous avons commencé cette collaboration, nous avons jugé nécessaire d’intégrer la formation professionnelle au sein de Saran Couture. En l’espace d’une année, plusieurs jeunes filles ont intégré notre programme de formation et nous voici aujourd’hui à la cérémonie de remise des diplômes », a-t-il expliqué.
Il a ensuite détaillé les différents niveaux et coûts de formation proposés par le centre.
« Aujourd’hui, nous avons certifié 51 jeunes filles. Mais, dans l’ensemble, notre centre compte 353 apprenantes. Parmi elles, 51 viennent de constituer la première promotion de la formation professionnelle.
Depuis sa création en 1993, Saran Couture a formé plusieurs promotions dans le cadre de la formation ordinaire. La formation professionnelle, quant à elle, a duré une année.
Notre formation est organisée en trois niveaux : débutant, intermédiaire et avancé. Les différentes étapes s’étendent sur deux à trois mois, jusqu’à l’atteinte du niveau avancé. C’est à ce dernier niveau que les apprenantes se spécialisent dans la haute couture, notamment la confection de tenues de mariage, de vestes et les finitions de qualité.
Les frais sont clairement définis. Pour une année de formation destinée aux personnes sans connaissances de base, le coût est de 200 000 francs guinéens par mois, auxquels s’ajoutent 300 000 francs guinéens de frais d’inscription.
Pour le niveau intermédiaire, d’une durée de six mois, les frais s’élèvent à 300 000 francs guinéens par mois. Quant au niveau avancé, destiné aux personnes déjà expérimentées, il coûte 400 000 francs guinéens par mois », a-t-il détaillé.
Soumaoro Benjamin a également indiqué que plusieurs courriers avaient été adressés au ministère de la Culture afin d’obtenir un accompagnement, sans qu’une suite favorable ne soit donnée à ces démarches.
Par ailleurs, Terenke Keita, apprenante au sein du centre et l’une des récipiendaires, a exprimé sa satisfaction avant d’adresser un message de sensibilisation aux jeunes filles.

« Aujourd’hui, je me sens très heureuse, contente et confiante, car les efforts que j’ai fournis n’ont pas été vains. Je retiens beaucoup de choses, parce qu’au début, je ne connaissais rien. Les formateurs m’ont initiée et, aujourd’hui, mes efforts ont porté leurs fruits.
Je compte ouvrir mon propre atelier. La formation n’a pas été facile au début, mais j’ai accepté les difficultés et je me suis pleinement investie. Cela a porté ses fruits.
Je veux sensibiliser toutes les jeunes filles qui restent à la maison, les bras croisés, en attendant que les choses changent. Ce n’est pas la solution. Si tu ne travailles pas, tu ne peux rien obtenir », a-t-elle déclaré.

Pour conclure, Soumaoro Benjamin a lancé un appel aux autorités guinéennes.
« Nous demandons aux autorités qui souhaitent réellement bâtir une Guinée émergente, une Guinée où la population bénéficie de meilleures conditions de vie, d’investir davantage dans les jeunes femmes.
Beaucoup de jeunes femmes souhaitent poursuivre leur formation, mais les difficultés de la vie les en empêchent. Les autorités doivent penser à ces jeunes filles », a-t-il plaidé.

Mamadou Baïlo Bah pour lumiere224.com
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