C’est sous le thème « Mettons fin au mariage des enfants et investissons dans les droits des filles » que le Club des Jeunes Filles Leaders de Guinée (CJFLG) a célébré, en différé, ce samedi 31 octobre 2026, la Journée internationale de la jeune fille. La cérémonie s’est déroulée dans un réceptif hôtelier de Conakry, en présence de Fatoumata Binta Diallo, chef de cabinet du ministère de la Femme, de la Famille et des Solidarités.
Dans son discours de bienvenue, Hadja M’mahawa Camara, directrice exécutive du Club, a exprimé plusieurs ambitions.

« Notre ambition est simple : orienter, protéger et accompagner. Mais cette ambition ne peut se réaliser sans une chaîne de référencement fonctionnelle et une véritable coordination entre les acteurs. Je voudrais donc interpeller les départements ministériels concernés, notamment ceux chargés de la Femme, de la Famille et des Solidarités, de la Justice et des Droits de l’Homme, de la Santé, de la Sécurité et de la Protection civile, de l’Administration du territoire, de l’Éducation nationale, ainsi que de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle.
Aux côtés de l’OPROGEM, des services de police et de gendarmerie, des tribunaux, des juridictions pour enfants, des services de médecine légale, des structures sanitaires, des travailleurs sociaux, des collectivités locales et des organisations de la société civile, nous devons construire une réponse cohérente. Chaque acteur a une responsabilité : prévenir, accueillir, soigner, orienter, protéger, accompagner et rendre justice.
Je voudrais également rappeler que la société civile ne peut porter seule ce combat. Nous avons besoin d’institutions engagées, coordonnées et disposant des moyens nécessaires pour agir. À nos autorités, nous avons besoin de votre engagement, mais surtout de votre action », a souligné la directrice du Club.
De son côté, Fatoumata Binta Diallo a réaffirmé l’engagement du ministère à poursuivre, avec l’ensemble de ses partenaires, les efforts en faveur de la protection et de la promotion des droits des filles.

« La lutte contre le mariage des enfants est une responsabilité collective. Elle ne concerne pas uniquement les femmes ou les organisations de défense des droits des filles. Elle concerne également les hommes, les garçons, les parents, les éducateurs, les autorités et l’ensemble des communautés. Chacun, à son niveau, peut contribuer à faire évoluer les mentalités et à protéger une jeune fille exposée à un mariage précoce ou à une situation de violence.
C’est pourquoi je salue particulièrement l’organisation de ce village informatif, qui constitue une belle occasion de sensibiliser, d’informer et de rapprocher les jeunes des structures de protection et d’accompagnement. Notre souhait est que cette rencontre ne soit pas simplement une cérémonie de plus, mais qu’elle permette de renforcer les actions déjà engagées et de faire avancer cette cause.
Au nom de madame la ministre, je tiens à réaffirmer l’engagement du ministère à poursuivre, avec l’ensemble de ses partenaires, les efforts en faveur de la protection et de la promotion des droits des filles », a déclaré la chef de cabinet.
Hadja M’mahawa Camara a conclu son intervention en lançant un appel au chef de l’État.
« Excellence Monsieur le Président, vous avez placé les femmes au cœur de votre vision et de vos engagements. Nous saluons cette volonté. Mais aujourd’hui, nous souhaitons que cette ambition se traduise davantage dans la vie quotidienne des femmes et des filles de Guinée.
Nos filles sont encore mariées trop tôt, mutilées, violentées, violées et parfois tuées. Elles continuent de perdre leur scolarité, leur santé et parfois leur vie à cause de violences qu’elles n’auraient jamais dû subir.
Excellence Monsieur le Président, nous vous lançons un cri du cœur : faites de la protection des filles et des femmes une priorité concrète de l’action publique. Renforcez les mécanismes de protection, les dispositifs de prise en charge, l’accès à la justice et les moyens accordés aux structures qui accompagnent les survivantes.
Nous ne voulons plus seulement être présentes dans les discours. Nous voulons vivre nos droits, être protégées et avoir la possibilité de construire librement notre avenir », a-t-elle lancé.
À rappeler que la Journée internationale de la jeune fille est célébrée le 11 octobre de chaque année.
Mamadou Baïlo Bah pour lumiere224.com
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