Tout est parti d’un reportage réalisé par l’un de nos confrères, qui avait mis en lumière les conditions difficiles d’apprentissage des élèves de Satamodia, dans la localité de Saramoussaya, sous-préfecture relevant désormais de la préfecture de Timbo. Sensibilisée par cette réalité et soucieuse de l’avenir des enfants de sa communauté, l’association La Nouvelle Génération de Saramoussaya (NGS) a décidé de passer à l’action. Elle a ainsi lancé une campagne de collecte de fonds en vue de contribuer à la construction d’une école offrant de meilleures conditions d’apprentissage aux élèves.
Cette initiative a bénéficié de l’accompagnement de ses membres ainsi que de l’Union des Jeunes Engagés pour les Guinéens. La mobilisation a franchi une étape importante, dimanche 1er novembre 2026, avec la pose de la première pierre de cette future infrastructure scolaire, en présence des autorités administratives, des sages et de plusieurs citoyens de la localité.
Prenant la parole à cette occasion, le secrétaire général de la NGS, Mamadou Adama Bah, a d’abord rappelé les difficultés auxquelles reste confronté le système éducatif guinéen, particulièrement dans les zones rurales. Il a ensuite mis en avant les données scolaires de Satamodia pour justifier la nécessité d’un tel investissement.

« Les défis sont nombreux : l’insuffisance des infrastructures scolaires, les conditions difficiles d’apprentissage et des résultats parfois insatisfaisants. Mais les chiffres de l’année scolaire 2025-2026 sont également révélateurs : Satamodia comptait 63 élèves, dont 41 filles. À travers cette initiative, nous voulons nous engager davantage en faveur de l’éducation des enfants, particulièrement celle des filles », a-t-il expliqué.
Au-delà de la construction des infrastructures, le responsable de la NGS a insisté sur la responsabilité des parents dans le suivi scolaire de leurs enfants. Il a également souligné la complémentarité entre l’éducation islamique et l’instruction scolaire.
« Inscrire un enfant à l’école ne suffit pas. Il faut également l’implication des parents dans son suivi. C’est pourquoi il est important de rappeler que l’éducation islamique constitue un atout considérable pour la réussite scolaire de l’élève, car l’éducation et l’instruction vont de pair », a-t-il plaidé.
Du côté des bénéficiaires, cette annonce suscite déjà de l’espoir. Aissatou 2 Camara, élève en deuxième année, n’a pas caché sa joie à l’idée de voir bientôt sortir de terre une nouvelle école.

« Je suis très contente, parce que nous allons bientôt avoir une nouvelle école », a-t-elle déclaré avec enthousiasme.
Présent à la cérémonie, le sous-préfet de Saramoussaya, Aboubacar Barry, a également exprimé sa satisfaction face à la concrétisation de cette initiative. Il a par ailleurs invité les responsables du chantier et les populations à s’impliquer pleinement afin de garantir la réussite du projet.

« C’est un sentiment de fierté qui nous anime. Voir ce hangar et se dire qu’aujourd’hui, nous procédons à la pose de la première pierre d’une nouvelle école dans ma juridiction est tout simplement réconfortant. Je demande aux ouvriers de travailler avec sérieux afin de nous offrir un bâtiment de qualité. J’invite également les citoyens de Satamodia à accompagner la réalisation de ce projet, notamment en prenant soin des ouvriers, en leur offrant de quoi manger et boire, mais aussi en leur adressant des encouragements », a exhorté le sous-préfet.
Pour sa part, Mamadou Oury Barry, chargé des statistiques et représentant de la Direction préfectorale de l’éducation (DPE), a rappelé que les démarches administratives en faveur de la création de cette école remontent au 9 décembre 2024. Selon lui, la pose de cette première pierre constitue donc l’aboutissement d’un processus engagé depuis près de deux ans. Il a également rassuré les populations quant à l’accompagnement des autorités éducatives.

« Voir aujourd’hui la pose de cette première pierre devenir une réalité est un véritable ouf de soulagement pour moi. Je tiens à rappeler aux citoyens que cette école est destinée à tout le monde, y compris aux habitants des localités environnantes. C’est ce message qui doit être véhiculé afin de permettre à l’établissement d’avoir un effectif suffisant. La création des écoles relève de la responsabilité de l’État, mais lorsque les citoyens prennent des initiatives à la base, nous ne pouvons que nous en réjouir et les accompagner. C’est pourquoi nous ne ménagerons aucun effort pour que des enseignants et les documents pédagogiques adéquats soient disponibles dès son ouverture », a-t-il promis.
En clôturant son intervention, le secrétaire général de la NGS a rappelé que la pose de cette première pierre ne constitue que le début d’un processus dont la réussite nécessitera la mobilisation de toutes les composantes de la communauté, notamment les autorités administratives, les sages et les citoyens de Satamodia.

À terme, cette nouvelle infrastructure scolaire comprendra trois salles de classe, un bureau de direction et trois cabines de toilettes.
De retour de Satamodia, Kadiatou Baldé pour lumiere224.com















