Le procès de l’ancien magistrat Algassimou Diallo s’est tenu ce jeudi 15 octobre 2026 à la Cour suprême de Conakry. Après quelques heures de suspension de l’audience, le ministère public est revenu sur sa décision et a rejeté la demande de récusation formulée par la défense.
À la sortie de la salle d’audience, Me Moussa Diallo, l’un des avocats d’Algassimou Diallo, est revenu sur la décision prise par l’ensemble du collectif.
<< Vous conviendrez avec moi qu’entre le 2 et le 3, ou entre le 3 et le 4, la première audience ayant eu lieu le 4 septembre, il n’y a pas un délai de trois jours. Donc, nous avons estimé que la violation de cette formalité portait un coup et constituait une grave atteinte aux droits de monsieur Algassimou Diallo. Nous avons donc demandé que l’ordonnance de renvoi soit annulée, en invoquant les dispositions des articles 396 et 444 du Code de procédure pénale. Après des débats houleux entre monsieur le procureur général près la Cour suprême et la défense de monsieur Algassimou Diallo, la Cour s’est retirée pour, dit-elle, délibérer. À son retour, elle nous a simplement indiqué qu’elle recevait la requête et qu’au fond, elle rejetait la demande d’annulation parce que mal fondée. C’est tout ce qu’elle a dit, contrairement à la première décision qui, même si elle était contestable, était tout de même motivée. La Cour s’en est tenue là >>, a indiqué l’avocat.
Il poursuit : << Nous avons estimé qu’au regard de la manière dont cette procédure a été conduite depuis son entame, et du rejet systématique de toutes les demandes que nous avons soumises à la Cour, alors même qu’elles reposent sur des situations certaines, nous n’avons plus de raison de figurer dans une telle procédure. Puisqu’il ne s’agit pas d’un procès que l’on veut juste et équitable, nous n’allons pas participer à un procès juste pour faire le figurant. Ce que nous avons relevé à travers la première décision, qui a intrigué plus d’un, c’est que l’arrêt rejetant la demande de récusation porte la mention que la délibération a été faite en présence du ministère public, qui se trouve être notre adversaire dans cette procédure. Je me demande donc si, dans ces conditions, nous pouvons espérer un procès équitable, à notre entendement. Non. Voilà pourquoi le collectif a décidé de suspendre sa participation à ce procès >>, a-t-il déclaré.
Mamadou Baïlo Bah pour lumiere224.com
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