La fête de Ramadan 2026 approche à grands pas. À Kankan, en Haute-Guinée, les boucheries font face à une pénurie de viande. Ce manque d’un aliment précieux pour la fête s’explique par plusieurs facteurs, selon les bouchers de la préfecture.
Interrogé, Thierno Ismaël Baldé, boucher, a imputé cette pénurie à la faible rentabilité de leur activité.
« Quand tu égorges un bœuf, tu peux perdre entre 2 000 000 et 3 000 000 de francs guinéens. Tu ne gagnes rien, ce ne sont que des pertes. C’est pourquoi beaucoup de bouchers ont arrêté de travailler. Avant, les éleveurs maliens proposaient des prix abordables, mais ils ne sont plus présents en Guinée. Aujourd’hui, un bœuf qui coûtait entre 5 000 000 et 8 000 000 GNF peut atteindre jusqu’à 22 000 000 francs guinéens. Voilà le vrai problème. Nous demandons à l’État de penser à la population », a lancé le boucher.
Un autre boucher, qui exerce ce métier depuis près de 40 ans, affirme n’avoir jamais connu une telle situation à Kankan.
« En 40 ans de métier, je n’ai jamais vu une situation pareille à Kankan. Les prix sont très élevés et les bœufs sont introuvables. Je suis même allé jusqu’à Kérouané sans succès. Cela fait plus de quatre jours que je n’arrive pas à vendre de la viande », a-t-il confié.
Karamô Sama Sidibé, un client, a indiqué qu’un seul point de vente était opérationnel dans son secteur, ce qui aggrave la situation.
Fatoumata Diakité, une autre cliente venue acheter quelques kilogrammes de viande, a décrit son calvaire.
« J’ai fait le tour de Kankan avec mon argent. Cela fait plus de deux heures que je cherche de la viande, mais je n’en trouve pas. Je suis même restée dans les files d’attente sans succès. Nous, les femmes, souffrons beaucoup », a-t-elle dénoncé.
Mamadou Baïlo Bah pour lumiere224.com
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