La saison hivernale complique davantage les activités des pêcheurs et des vendeuses de poisson. Entre la montée des eaux, les ordures et le coût élevé du carburant, les acteurs du secteur peinent à rentabiliser leurs sorties.
Rencontrée au port de Bonfi, Mamet Camara, vendeuse de poisson, décrit les difficultés auxquelles elle fait face. Selon elle, les conditions actuelles rendent la pêche particulièrement difficile et réduisent considérablement les rendements.
« Les pêcheurs ne s’en sortent pas, parce que pendant cette période hivernale les ordures et la montée des eaux ne permettent pas de bien travailler. Pour un tour, il faut au moins un bidon d’essence, et le rendement est très faible, parfois 4, 5 ou 3 poissons. Nous qui finançons les pêcheurs, si on achète à 100 000 FG, on revend à 110 000 ou 120 000 FG. Les pêcheurs nous vendent et nous revendent aux dames dans les marchés », explique-t-elle.
La situation est aggravée par la hausse du prix du carburant, alors que les prises diminuent. La vendeuse estime que les dépenses engagées dépassent parfois largement les recettes générées par leurs sorties.
« Que l’État nous aide, parce que ce n’est pas l’eau qu’on met dans le moteur, mais l’essence. Actuellement ce sont surtout des petits poissons qu’on ramène. Pour les gros poissons comme le kouta, il faut parfois dépenser 6 ou 7 millions, mais le rendement n’est que de 4 ou 5 poissons. Comment s’en sortir avec ça ? » s’interroge-t-elle.
Pour Mamet Camara, les difficultés ne concernent pas seulement les pêcheurs. Les vendeuses doivent elles aussi parcourir de longues distances et se lever très tôt pour s’approvisionner, avec le risque de revenir sans marchandise.
« Moi, je pars jusqu’à Faban et je sors à 4 heures du matin, mais parfois je rentre les mains vides. Donc que l’État revoie à la baisse le prix de l’essence », a-t-elle demandé.
À travers ce témoignage, les acteurs de la filière appellent les autorités à prendre des mesures pour réduire les charges liées à la pêche et leur permettre de mieux faire face aux difficultés de la saison hivernale.
628 76 45 15