En pleine saison hivernale, la capitale guinéenne fait face à une pénurie de courant électrique. Ce mardi 8 septembre 2026, notre rédaction a sillonné plusieurs quartiers de Conakry pour constater la situation dans les ménages. De Tanéné Marché à Cité de l’Air, en passant par Béhanzin, le constat est le même : les habitants interrogés évoquent d’importantes difficultés liées aux coupures et à l’instabilité du courant.
Fatou Soumah, résidente de Tanéné Marché, explique que ces perturbations l’empêchent de gagner son revenu quotidien.

« Le courant n’est pas stable ici. S’il revient la nuit, il repart le matin ; parfois, il n’y a même pas d’électricité pendant toute la nuit. Ça nous épuise. Nos sauces se gâtent, y compris les jus naturels. En ce moment, je ne peux même plus en revendre. Parfois, quand le courant revient, la tension est très forte : cela endommage non seulement les réfrigérateurs, mais aussi les autres appareils. D’autres fois, la tension est si faible que l’eau ne peut pas geler. Le président de la République doit nous aider pour que le courant soit rétabli dans nos foyers », plaide-t-elle.
Rosaline, enseignante et habitante de Béhanzin, se dit profondément insatisfaite de la situation.
« Aujourd’hui, nous souffrons à cause du courant. Il disparaît en plein usage : tu peux être en train de préparer à manger ou de regarder une série et le courant s’en va. Nous ne sommes pas satisfaits. On nous parle de prépayé, mais nous ne sommes pas dans les pays développés : le taux d’analphabétisme est élevé. Si on dit à quelqu’un de recharger en ligne, il n’en a pas les moyens ; il a le loyer, la nourriture, la scolarité des enfants à payer. Que devons-nous faire ? Nous souffrons. J’ai terminé mes études en 2014 et je suis au chômage ; je travaille dans le privé. Je suis sortie de l’ISSEC et je suis le pilier de ma famille. Si le pilier n’a rien, que fait la famille ? Les charges augmentent : prépayé, courant, loyer, scolarité, santé, habillement. Nous souffrons vraiment à cause du courant », confie-t-elle. Selon elle, pour le système prépayé, les autorités devraient mener des actions de sensibilisation afin d’éviter les incompréhensions.
Mari Camara, résidente de la Cité de l’Air, souligne que chez elle le courant peut partir le matin et ne revenir que le soir.

« Le courant n’est vraiment pas stable chez nous. Il revient à peine, puis repart. Ensuite il revient avec une mauvaise tension et endommage nos appareils. Il y a souvent des courts-circuits et même des risques d’incendie. Parfois il part à 8 h et ne revient qu’à 18 h. Hier, ma sauce s’est gâtée faute d’électricité. Même dans le congélateur, les aliments se détériorent. Les autorités doivent nous aider, car la situation n’est pas acceptable », ajoute-t-elle.
La même problématique persiste dans d’autres quartiers, où la complainte « We tai faa » (le courant est venu) reste courante. Lundi, les habitants de Kiroty se sont même manifestés pour dénoncer le manque d’électricité dans leur secteur.
Mamadou Baïlo Bah pour lumiere224.com
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