Lors d’un entretien récemment accordé à notre rédaction, Salimatou Barry, victime d’une arnaque orchestrée par un proche, est revenue sur sa mésaventure. Elle dénonce notamment la présence de femmes d’un certain âge impliquées dans des pratiques frauduleuses visant leurs compatriotes guinéens.
« Là où ils m’ont envoyée, dans la maison où ils disaient qu’il y avait un entretien, j’ai vu des cadres. Il y avait aussi des Guinéens, mais je ne pensais pas qu’ils étaient là pour ça. Il y a des femmes âgées de 40 à 50 ans qui sont là-bas à arnaquer encore leurs proches guinéens », a-t-elle dénoncé.
La victime explique avoir été conduite dans une maison sous prétexte d’un entretien préalable au voyage.
« Cela ne ressemblait pas à un lieu d’entretien. Une fois sur place, on te demande tes pièces d’identité. Mais moi, j’avais décidé de ne pas prendre ma carte, je l’avais cachée. Quand je suis arrivée, le monsieur s’est énervé : “Pourquoi es-tu venue sans carte ?” Pourtant, je l’avais sur moi. J’ai compris plus tard que lorsqu’ils prennent ta carte, ils peuvent la présenter aux autorités sierra-léonaises pour faire croire que tu es là de ton plein gré. C’était une cour fermée : même si tu cries, personne à l’extérieur ne t’entend. Il y avait un gardien à la porte, et tu ne pouvais pas entrer sans être accompagnée par quelqu’un du réseau.
Je n’ai pas vu de tortures, mais les filles ne sont pas bien nourries et je ne sais pas exactement quel travail elles font, mais ce n’est pas un travail honnête. Les filles qui sont là-bas sont utilisées comme des animaux. Elles ne sont pas là de leur propre volonté. Elles n’ont même pas l’audace de demander à manger.
Mohamed, mon ami, agissait dans l’ombre. Je ne savais même pas qu’il était en Sierra Leone. C’est quand j’ai créé un problème qu’il est apparu. Je lui ai demandé comment il pouvait être à la fois en Italie et en Sierra Leone. Tout passait en réalité par M. Kaba, qui appelait mon père à plusieurs reprises pour demander de l’argent.
Certaines filles se sont cachées de leurs parents pour partir. Moi, je ne l’avais pas fait. Il y a aussi deux personnes qui m’ont beaucoup aidée. Grâce à elles, je suis en vie aujourd’hui », a-t-elle témoigné.
En guise de conclusion, Salimatou Barry lance un appel à la prudence à l’endroit des candidats à l’émigration clandestine.
« Le message que je veux adresser aux Guinéennes et aux Guinéens, c’est de privilégier les voies légales. Si vous voulez voyager, passez par les ambassades. Les voyages clandestins ne fonctionnent plus, il y a trop d’arnaques. Beaucoup de jeunes y perdent la vie.
Je sais que la vie en Guinée n’est pas facile. Mais il n’y a pas de meilleur endroit que chez soi. On souffre, certes, mais il faut rester. Ce que j’ai vécu m’a profondément marquée », a-t-elle indiqué.
Face à ce phénomène, il apparaît crucial que les autorités guinéennes et sierra-léonaises renforcent leurs dispositifs pour lutter contre ces réseaux et protéger les victimes.
Mamadou Baïlo Bah pour lumiere224.com
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