Chaque année, l’hivernage apporte son lot de difficultés aux usagers de la route. Mais pour les conducteurs de taxis-motos, cette période représente un véritable casse-tête. Les fortes pluies, les eaux de ruissellement et l’état dégradé des chaussées compliquent leurs déplacements et réduisent considérablement leurs revenus.
Naby Laye Soumah, conducteur de taxi-moto, explique que la prudence l’oblige souvent à suspendre son activité :
« Pendant cette saison hivernale, nous souffrons beaucoup. Dès qu’il pleut abondamment, nous avons peur de rouler. Les routes sont envahies par les eaux de ruissellement, aggravées par les ordures qui bouchent les caniveaux. Nous risquons de tomber dans un caniveau ou d’avoir un accident. Alors, nous préférons attendre que la pluie cesse. Mais lorsqu’il pleut toute la journée, nous ne travaillons pas et nous rentrons sans aucune recette. »
Au-delà des intempéries, il dénonce également les difficultés auxquelles les conducteurs sont confrontés au quotidien :
« Nous demandons aux autorités de nous venir en aide. Les tracasseries policières nous retirent parfois le peu d’argent que nous gagnons. Pourtant, nous avons des familles à nourrir. Nous ne percevons aucun salaire fixe ; nous vivons uniquement des recettes de notre travail. »
Même constat pour Koulema Mansaré, diplômé en philosophie, qui exerce le métier de taxi-moto en attendant de décrocher un emploi :
« J’exerce ce métier en attendant de trouver un emploi. La saison des pluies a un impact considérable sur nos revenus et sur notre sécurité. Beaucoup de passagers préfèrent attendre une voiture pour éviter d’être mouillés, ce qui réduit fortement notre clientèle. »
Le jeune diplômé regrette également les restrictions imposées aux taxis-motos dans certaines zones de la capitale :
« Nous n’avons pas accès au centre-ville. Pourtant, pour ceux qui travaillent à Madina, il est indispensable d’y aller afin de mieux gagner leur vie. Nous demandons aux autorités de mettre en place des conditions qui nous permettront de travailler dans de meilleures conditions. »
Profitant de cette tribune, il adresse un message aux jeunes ainsi qu’aux pouvoirs publics :
« J’encourage les jeunes à entreprendre au lieu d’attendre uniquement un emploi de l’État. Mais j’invite aussi les autorités à accompagner les initiatives entrepreneuriales en subventionnant les projets des jeunes. »
À travers leurs témoignages, ces travailleurs espèrent que leurs préoccupations seront prises en compte afin d’améliorer leurs conditions de travail, particulièrement pendant cette période où exercer leur métier devient encore plus difficile.
Kadiatou Baldé pour lumiere224.com
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