Après une formation sur la citoyenneté, la paix et la cohésion sociale, nous nous sommes rendus, ce jeudi 4 juin 2026, dans plusieurs quartiers de l’axe Hamdallaye–Kagbelen, réputés « chauds », notamment Koloma (carrefour Cirage), pour recueillir les témoignages des habitants sur la situation actuelle et leur vie quotidienne.
Mohamed Keïta, résident de Cosa, décrit la situation dans son quartier :

« Il n’y a rien ici, tout est calme. Il n’y a pas de manifestations, sauf la paix du cœur, alhamdoulillah. Nous avons voté aussi dans le calme. Moi je travaillais dans une société, mais elle est à l’arrêt actuellement. Nous demandons au président de la République de nous aider à trouver un bon travail et d’ouvrir des chantiers pour la jeunesse. »
De son côté, Mamadou Oury Bah, chef de secteur du quartier Nassouroulaye (commune de Ratoma), a exposé les difficultés actuelles : « Pour l’instant, on peut dire que tout va bien, car c’est calme. Ce qui provoque parfois des troubles, c’est le chômage. Depuis que notre président du conseil du quartier, M. Yamoussa Bah, est à la tête du quartier, beaucoup de choses ont changé. À sa façon, il contribue : il a même œuvré pour que certains jeunes du quartier soient intégrés dans la police nationale. »
Le chef de secteur ajoute que, dans leur quartier, ils ne participent pas aux manifestations : « Parfois, nous restons en bordure de route et on voit les véhicules s’arrêter à la limite de notre quartier. La limite entre nous et Koloma se situe au Carrefour Saoudi. C’est à partir de là que l’on voit les véhicules faire demi‑tour. Parfois, ça ne dure pas. Dès qu’un pickup de la gendarmerie ou de la police passe, la circulation reprend. Parfois, la nuit, certains enfants sortent pour bloquer les gens. S’ils te voient avec un téléphone, ils cherchent à te le voler. »
Il déplore surtout la gestion des déchets : « Nous organisons parfois des veillées en bordure de route pour empêcher les gens de déverser des ordures, mais cela nous pose énormément de problèmes. Nous nous rendons à la commune pour faire des réunions à ce sujet ; on nous dit de veiller. Les PME locales ne parviennent pas à satisfaire correctement les citoyens. Leurs plaintes concernent surtout les ordures ; ils n’ont pas d’autres reproches majeurs. Parfois, avec leurs locataires, ils nous donnent des adresses de plaintes, mais c’est dû à des incompréhensions que nous parvenons à gérer. »
M. Bah insiste : « L’affaire des ordures nous fatigue beaucoup. Si possible, nous voudrions être responsabilisés pour la gestion des déchets. Chaque fois que nous proposons cela à la commune, on ne nous prend pas en considération. Si nous étions subventionnés, par exemple pour acquérir des tricycles, un tricycle par secteur, peut‑être pourrions‑nous gérer cela avec nos populations. »
Il évoque aussi la précarité : « Le chômage fatigue les gens. Les familles souffrent. Il n’y a pas d’école publique ici, seulement une école primaire publique ; le reste est privé. Les habitants ont du mal à payer le loyer et la scolarité des enfants. En ce qui concerne notre quartier, nous parvenons à maîtriser la situation : il n’y a pas de mouvements qui partent d’ici, sauf s’ils commencent ailleurs et dégénèrent. Même le jour des élections, il y a eu des tirs de gaz lacrymogène, je ne sais pas si c’était à Koloma ou à Bambéto ; cela nous a beaucoup empêchés d’aller voter. Les gendarmes sont venus nous dire de rentrer. »
Cette autre citoyenne, Laouratou Diakité, résidente à Koloma (carrefour Cirage), témoigne des conditions de vie difficiles dans sa concession : « Nous, nous souffrons de la faim. Ce n’est pas ainsi que nous avions espéré le mandat du président. Ici, il n’y a pas de malentendu ni de manifestations. Ceux qui manifestaient venaient d’autres quartiers, pas de chez nous. C’est moi qui allais sensibiliser les manifestants. Aujourd’hui, c’est calme pour nous. Un sac de riz se vend à 400 000 francs guinéens. Nous n’avons jamais vécu un tel régime. Nous demandons au président Doumbouya de faire baisser les prix sur le marché afin que nous puissions manger. »
Mamadou Oury Bah a conclu par un appel à la jeunesse de Nassouroulaye et aux autorités : « Nous les remercions pour cette preuve de maturité. Ils sont toujours à l’écoute et nous demandons qu’ils restent attentifs. Nous gardons l’espoir que les choses vont changer. Nous souhaitons que les autorités viennent vers nous. »
Mamadou Baïlo Bah
#ABLOGUI #UNICEF GUINÉE
#VEILLEURS DU WEB #STPOP À LA DÉSINFORMATION
















